Le Samedi 25 Février dernier, la Communauté Juive de Créteil avait le plaisir de recevoir Francis KALIFAT, le nouveau Président du CRIF, à l'occasion d'une conférence au thème très actuel, "A DEUX MOIS DE L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE, L’EXTRÊME DROITE EST-ELLE LA SEULE MENACE POUR LA COMMUNAUTÉ JUIVE ?".

Cet événement exceptionnel se tenait dans la Salle Henri Ghozland, bien remplie pour l'occasion.

 

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Michel SASPORTAS, Albert ELHARRAR, Francis KALIFAT et Michel ZERBIB

 

Sous la houlette de Michel ZERBIB, célèbre journaliste de Radio J et membre éminent de la commission Administrative du Centre communautaire de Créteil, d'Albert ELHARRAR, Président de la Communauté Juive de Créteil, et Michel SASPORTAS, en charge de la Commission "Evenementiel", le Président du CRIF avait tout loisir de commencer sa conférence par une présentation succincte des attributions de l'entité qu'il représente : "le CRIF fédère toutes les grandes organisation mais il ne représente QUE les gens qu'il fédère".

Puis, après avoir remercié Maryvonne et Sarah, qui œuvrent au quotidien pour le CRIF, il répondit avec sincérité, d'abord aux questions posées par Michel ZERBIB, puis à celles posées par le public présent.

En réponse au rappel des actes antisémites commis à Créteil ces derniers mois et aux possibilités qui s'offrent au CRIF, Francis KALIFAT a rappelé que la notion d'antisémitisme ne serait probablement pas retenue concernant l'agression qui avait engendré la visite à Créteil de Bernard Cazeneuve, alors Ministre de l'Intérieur, afin d'annoncer que la lutte contre l’antisémitisme devenait Grande Cause Nationale. Bien que ne pouvant aller à l'encontre de cette décision de justice, prise par le Juge en charge de cette affaire quelques jours seulement avant de quitter son poste au TGI de Créteil,"le CRIF souhaite se porte partie civile afin de restaurer le caractère antisémite de cette affaire".

Concernant l'Affaire Georges Bensoussan, célèbre historien connu et reconnu, auteur des "Territoires perdus de la République", qui a été mis en examen par une organisation qualifiée de "salafiste" par Manuel Valls, Patrick KALIFAT trouve "choquant que la LICRA ait décidé de se joindre aux plaignants, aux côtés de SOS Racisme, alors qu'il faut se souvenir que la LICRA s'appelait initialement la LICA et se consacrait donc initialement uniquement à l'antisémitisme"

Indiquant éprouver "beaucoup de respect pour Georges Bensoussan", le Président du CRIF se demande si "ceci ne résulte pas du fait que les antisémites soient sur-représentés aux sein des instances représentatives des Musulmans de France".

Abordant ensuite le thème principal de cette conférence, Francis KALIFAT s'est ensuite exprimé sur le danger que représentait un vote Front National, précisant bien que "le CRIF a toujours parlé des extrêmes, et pas du seul FN puisque, si l'extrême gauche et l'extrême droite ne partagent pas la même haine, ils partageaient toutefois le fait de haïr. Aux anciens du FN, toujours présents dans le mouvement, et aux nostalgiques de Vichy qui vouent une véritable haine aux juifs, le Front de Gauche utilise le terme plus subtil d'antisionisme, façon déguisée de parler d'antisémitisme puisque, même en parlant du peuple israélien, ils utilisent le terme de juifs".

Fidèle à ses principes d'indépendance, le CRIF ne donnera pas de consignes de votes, appelant juste à éviter les extrêmes, tout en précisant tout de même que, compte tenu de leur nombre (moins de 1% des votants), les juifs n'ont pas vocation à peser véritablement sur le résultat des élections mais qu'ils ont une responsabilité morale, plus que politique, à dénoncer les extrêmes des deux bords. Il ajoute qu'il ne faut pas "penser que les ennemis de nos ennemis sont nos amis !".

En réponse à une question concernant la position de Benoît Hamon, Francis KALIFAT indique bien que "l'on peut être pro-palestinien sans pour autant être antisémite" et que c'est à ce titre qu'il a été convié au Dîner du CRIF cette année et qu'il demeure une alternative crédible tant qu'il ne franchit pas la ligne rouge d'une association avec Jean-Luc Mélenchon, "qui s'est trop largement gauchisé en quittant le Parti Socialisme" et trouvant "dommage que Benoît Hamon ait mis le problème de l'état palestinien au centre de sa campagne dès le départ alors qu'il y a bien d'autres problèmes à régler, sauf à avoir une vision clairement électoraliste".

Concernant Mélenchon, justement, "le fait que l'extrême gauche soit présente aux manifestations pro-palestiniennes, qui prône quand même largement la haine des juifs, sous couvert d'anti-sionisme, et soutienne le BDS (Boycot des produits israéliens), il se positionne lui-même comme non fréquentable".

A une question posée par une personne de l'assistance portant sur le parti pris des médias sur le traitement de l'information qui concerne Israël et la communauté juive, la réponse donnée fut le suivante : "nous ne pouvons évidemment pas dicter aux médias ce qu'il doivent dire, ni comment le dire, nous continuons à rencontrer les rédactions de la plupart des médias de façon régulière mais ce que nous mettons en place depuis quelques temps et semble donner de bons résultats pour apporter une plus grande neutralité dans le traitement de l'information, c'est de payer des voyages en Israël aux journalistes et aux élèves en dernière année d'école de journalisme, ils sont généralement très surpris de constater la différence sur place avec ce qu'ils imaginaient avant de venir".

En conclusion à cette passionnante conférence, en réponse à une personne qui indiquait la faible mobilisation des juifs aux élections récentes, Francis KALIFAT indiqua "qu'avant de s'intéresser aux meilleurs candidats potentiels, il est surtout important de prendre la décision d'aller voter !".

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Conférence avec Francis KALIFAT, Président du CRIF